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9 octobre 2006

Serge Boimare :

"La difficulté scolaire et l’évitement de penser"

COMPTE RENDU DE LA REUNION D’INFORMATION SYNDICALE DU 5 OCTOBRE 2006 EN PRESENCE DE SERGE BOIMARE

Serge Boimare a accepté l’invitation du SNUipp61 pour intervenir sur le thème de l’échec scolaire sévère. Une cinquantaine de collègues se sont déplacés ce mercredi matin 5 octobre à la salle Baudelaire d’Alençon. Serge Boimare est psychologue clinicien, directeur pédagogique du CMPP Claude Bernard à Paris et fut instituteur spécialisé. Il a publié « L’enfant et la peur d’apprendre » aux éd. Dunod.

INTOUCHABLES... Serge Boimare évoque d’emblée ce qui panique les équipes d’enseignants : ces élèves au comportement agressif, violent, dans le refus de tout apprentissage. Ils sont 15% selon S. Boimare qui s’inquiète des raisons qui animent ces jeunes : pourquoi des enfants intelligents, curieux refusent-ils d’entrer dans les apprentissages ? Il faut d’emblée poser cette hypothèse de base, que ces enfants entrent à l’école maternelle sans les compétences psychiques suffisantes. Donc, ils supportent très mal les contraintes de la situation d’apprentissage, qui déclenchent chez eux des sentiments parasites, des inquiétudes, qui les gênent. Ils ont trouvé un moyen pour s’en débarrasser : éviter de penser !

COMMENT LES REPERER ? Ces jeunes ont une mauvaise estime d’eux-mêmes et beaucoup de difficultés à entrer dans la règle et la loi. Ils sont dans le refus du doute ; ce sont des « phobiques du temps de suspension », ce moment réservé à la réflexion ; avec déclenchement parfois de conformisme de pensée ou de stratégies d’associations immédiates que l’on connaît beaucoup chez ceux qui sont un peu plus brillants sur le plan intellectuel. Ils ont une capacité imageante pauvre, c’est-à-dire que la pensée n’arrive pas à être alimentée par des représentations de qualité suffisante pour que s’amorce le travail de réflexion : les représentations peuvent être trop pauvres, être figées, être accaparées par des préoccupations personnelles. Ils réactivent alors des ressorts de la curiosité primaire ; à savoir : le voyeurisme, le sadisme, et la mégalomanie. Ils manifestent des troubles du comportement, qui peuvent être de l’agitation, mais aussi de l’endormissement. On ne doit pas superposer ces élèves en échecs scolaires résistants avec ceux qui ont juste besoin d’une aide personnalisée, d’une amélioration du cadre, pour accéder aux apprentissages.

QUE FAIRE ? 1°. Réussir à les intéresser en sublimant les ressorts de la curiosité primaire, par le biais d’une médiation culturelle. 2°. Cette médiation culturelle se nourrit de textes fondateurs de nos civilisations, textes sur les origines, la mythologie, les contes, etc... Par exemple, les romans de Jules Verne mettent en scène les figurations des angoisses archaïques. Ce "nourrissage" culturel permet la métaphore des scénarios et aide les élèves à mieux fonctionner intellectuellement. 3°. Créer de l’énigme, faire advenir la question qui va motiver les élèves. 4°. L’entraînement à l’expression personnelle, sur la base d’une demie heure par jour permet de passer du langage d’évocation au langage argumentaire.

 

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