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13 avril 2018

Récit d’une journée à Berd’huis sous l’Etat Macron !

Macron est venu faire une interview ce jeudi 12 avril dans une école de l’Orne : Berd’huis. Une visite pour montrer qu’on n’abandonne pas l’école rurale et les plus démunis ? Pourquoi Berd’huis ? Cette commune et son école seraient-elles symboles de ce qui se passe réellement dans le milieu rural ?

Quelques jours avant, déjà, des inquiétudes pouvaient naître avec un discours de certains médias qui pouvait laisser paraître le fil conducteur. Ce n’est pas une fatalité la désertification et s’il n’y aurait pas cela à Berd’huis, ce serait uniquement grâce à la volonté des acteurs locaux. Un message qui se rapproche d’autres « les chômeurs, c’est de leur faute, ils n’ont qu’à prendre le travail proposé » par exemple. Sauf que, comme le fait qu’en Basse Normandie, il n’y a qu’une offre d’emploi pour 10 chômeurs, toutes les écoles du rural n’ont pas 8 classes, ne se situent pas à quelques dizaines de minutes de Paris, n’ont pas le tout numérique, ne sont pas situées à 5 minutes d’une gare... Il semblait d’ores et déjà que l’État se dédouanerait de ses responsabilités et accuserait les plus démunis de l’être.

Alors, le SNUipp-FSU61 a voulu aller vérifier par lui-même ce qu’il en était et dire ce qu’il attendait pour l’école.

En route pour Berd’huis, première surprise à quelques encablures ! En effet, ce président qui se montrerait si intéressé par le peuple au point de venir le rencontrer dans les terres en aurait peur. Interdiction d’approcher le village en voiture ! Donc à 3km de Berd’huis, nous voilà à pied ! Allons donc, pourquoi pas.

Mais nouvelle surprise : après une petite marche (pendant laquelle nous croisons toutes sortes de refoulés dont un bon groupe de fachos) durant laquelle il fallait faire attention aux voitures (et oui celles de ceux qui étaient autorisés à approcher car invités et apportant probablement une parole acceptable), nous voilà à nouveau arrêtés : nouveau cordon, des CRS cette fois et à distance encore importante du village recherché !

Nous approchons et apprenons qu’il nous est interdit de passer. En tant que représentants du personnel enseignant dans les écoles, le droit français nous autorise à accéder aux écoles du département dans le cadre de l’exercice du droit syndical. Or, nous apprenons par les forces de l’ordre que l’école, le personnel enseignant et les élèves sont réquisitionnés pour la journée et que le Président de la République se permet ce jour à Berd’huis de ne pas respecter l’état de droit !

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Nous rebroussons donc chemin, croisons les défenseurs des CIO venant d’apprendre qu’ils fermeraient, rencontrons des collègues d’une autre école du Perche, récupérons nos voitures et retrouvons nos collègues manifestants situés à à peine 5km à vol d’oiseau après plusieurs dizaines de kilomètres de route.

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En effet, nous nous verrons imposer de multiples détours par les forces de l’ordre. Ce qui ne nous empêchera pas de chanter sur les airs de nos musiciens.

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Nous arrivons à 13h, heure du fameux journal sur TF1 que nous suivons donc dans une voiture. En croquant dans un bout de sandwich donné par une collègue ayant pitié de notre état.

Et nous assistons, à une mascarade, un simulacre d’interview mais par contre à une vraie propagande rappelant les heures les plus noire de l’histoire, propagande basée sur des contre-vérités.

Nous attendions un discours fortement marqué par l’école et le rural qui ne seront que survolés. Dans cette propagande vantant la politique pourtant néfaste de ce gouvernement, le président estimera que tout le monde peut se tromper dans sa vie mais ne reconnaîtra pas ses erreurs et n’en tirera nullement les conséquences. Au contraire, son discours mettra en évidence qu’il n’est nullement près à entendre l’opinion et qu’il continuera à servir les « premiers de cordée » les derniers ne devant pas les ralentir dans leur progression.

Un discours présentant clairement une politique de moins en moins solidaire assumée.

Une vision préhistorique de la société basée sur la loi du plus fort ou du plus riche, ou pour le plus faible ou moins riche, c’est « En marche ou crève ! ». Il oublie qu’en prenant l’image de l’alpinisme, i ; a une nouvelle fois montré son ignorance dans un domaine. Car dans ce domaine, le premier de cordée met tous les moyens possibles pour soulager le dernier de cordée et le hisser au plus haut. Tout le contraire de son discours !

Enfin, puisque nous représentons l’école. Retenons et discutons les quelques phrases lâchées sur ce thème et toutes plus honteuses les unes que les autres.

"A la rentrée prochaine, on aura 32 000 élèves en moins en CP et pourtant on va ouvrir près de 5 000 classes. Un peu plus de 3 000 pour dédoubler les CP" Il serait peut être aussi intéressant de parler du nombre de classes fermées , des postes supprimés pour ouvrir ces postes de CP dédoublés, de l’abandon du rural pour l’aide des élèves en difficulté, etc...

« Ecole obligatoire à partir de trois ans, douze élèves par classe de CP, apprentissage de la lecture... C’est la base de notre société." L’école obligatoire à partir de 3 ans : notre président ignore t-il que la quasi totalité des enfants sont scolarisés dès 3 ans ? Pourquoi ne précise t-il pas que cette mesure n’aurait qu’une véritable incidence : celle de financer beaucoup plus fortement les écoles privées avec un financement dès 3 ans au lieu de 6 ans ? L’apprentissage de la lecture : nous savons trop bien dans l’Orne ce que son gouvernement tente de mettre en place avec le protocole « agir pour l ’école » destructeur pour les plus en difficulté. ( lire à ce sujet l’article au lien suivant : http://61.snuipp.fr/spip.php ?article1680

De la maternelle à l’université on change tout, comme cela n’était pas arrivé depuis Jules Ferry Si l’école peut avoir besoin de réformes, le président a oublié la signification de ce mot. Il s’agit de « re » « former » pour améliorer et non de détruire ! Là nous avons un président qui cherche à produire une école de l’inégalité.

Un sentiment nauséabond nous a saisi à l’issue de cette interview. Un mélange de relent de discours de propagande mensongère d’état avec un scénario bien ficelé. Le public saura-t-il voir la véritable volonté de ce gouvernement et de ce président qui est bien le président « des riches » et ainsi éviter de se faire enfumer. C’est avec ces préoccupations que nous avons pris le chemin du retour.

Encore une fois, nous devrons toutes et tous être vigilants pour défendre les services publics dans l’intérêt de toutes et tous, à commencer en étant pour le plus grand nombre en grève le 22 mai prochain.

 

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